CORRIGE INDICATIF DE L’ÉPREUVE : L’ENTREPRISE ET SON ENVIRONNEMENT – Cnaem 2015 par Abdelkarim Tajjighra

CONCOURS NATIONAL D’ACCÈS AUX ÉCOLES DE MANAGEMENT (CNAEM) –  FILIÈRE ÉCONOMIQUE ET COMMERCIALE – OPTION  SCIENTIFIQUE

Sujet : Entreprise et son environ Cnaem 2015 sujet

CORRIGE INDICATIF DE L’EPREUVE : L’ENTREPRISE ET SON ENVIRONNEMENT

 

SOUS ÉPREUVE 1 : MANAGEMENT ET GESTION DE L’ENTREPRISE (50 P)

Dossier 1 : Management (30 P)

  1. Caractériser le marché de l’eau embouteillée au Maroc (demande, offre et environnement)

            (12 P)

Composante du marché opportunités menaces
Demande (4 P)

 

– Demande en forte croissance : consommation qui a triplé en 5 ans

– Demande variée : particuliers et professionnels (cafés, restaurants)

– De nombreux facteurs de segmentation (revenu, âge, circonstances de consommation,)

– Demande faible : 15 litres par habitant et par an

– Demande saisonnière

Offre  (4 P) – Concurrents  locaux peu nombreux en raison des fortes barrières à l’entrée

– chaque producteur développe un positionnement spécifique en vue d’éviter la concurrence frontale

– Part de marché réduite des importations

– Pluralités des circuits de distribution

Arrivée de nouveaux concurrents

 

Environnement (4 P)

–          Sociologique

 

 

 

–          Ecologique

 

 

 

 

–          légal

 

 

 

Evolution des modes de vie favorable au secteur

 

 

 

 

 

 

 

 

Forte réglementation : barrière à l’entrée, protection des appellations

 

 

Conflits avec les populations voisines aux sources  au sujet de l’accès à l’eau

 

Risque de surexploitation d’une ressource naturelle épuisable

Risque de dégradation des écosystèmes du à la diminution du débit de l’eau

 

Forte réglementation : source de surcoûts (TIC, redevances)

 

 

  1. Identifier les finalités de la société les eaux minérales d’Oulmès (6 p)

 

Finalités économiques

(3 p)

 

Croissance

Rentabilité

Préserver la position du leader du marché

Responsabilité sociale de l’entreprise

(3 p)

 

l’amélioration du bien-être des consommateurs en les hydratants sainement

L’amélioration continue de la situation professionnelle des salariés

Engagement dans le développement durable.

 

  1. Caractériser la position concurrentielle de la société les eaux minérales d’Oulmès et préciser ses atouts (6 p)

Position concurrentielle : la société des Eaux minérales d’Oulmès revendique 70% du marché grâce avec quatre marques leaders dans leurs segments. (2 p)

 

Atouts de l’Ese : (4 p)

  • Contrôle de source d’eau de haute qualité
  • Forte notoriété
  • Gamme large et équilibrée
  • Entreprise pionnière en matière de recherche et développement
  • Chaine de valeur intégrée
  • Organisation logistique performante

 

  1. Caractériser la stratégie concurrentielle de la société et montrer sa pertinence eu égard aux caractéristiques de son environnement et de ses ressources et compétences.  (6 p)

 

Stratégie concurrentielle : différenciation tout en maintenant un écart de prix raisonnable (10% plus chère) avec les concurrents  (2 p)

 

Axes de différenciation :  (2 p)

 

  • L’origine de l’eau qui en détermine les caractéristiques
  • Innovation au niveau des emballages
  • Lancement de nouveaux produits
  • RSE

 

La différenciation permet d’éviter une guerre de prix  notamment en raison de la structure oligopolistique du marché.

Elle répond également à l’hétérogénéité de la demande. (2 p)

 

La différenciation permet à l’Ese de conserver sa position de leader  par la mobilisation de ses ressources et compétences : valorisation  des sources de l’eau qu’elle contrôle, mise à profit de son savoir faire et de ses ressources matérielles de hautes qualités et des ses ressources humaines hautement qualifiés, exploitation de son image de leader et d’entreprise citoyenne. (2 p)

 

 

 

Dossier 2 : Gestion (20 p)

 

  1. Présenter les factures  n° VGD 17647,  n° FA031114 et  n° M 2376 (3 p)

 

(1 p)

(1 p)

(1 p)

 

  1. Passer les écritures comptables relatives à l’ensemble des ces opérations (10 p)

 

02/12 (2 p)
3425 Clients, EAR 82 320
7121 Ventes de B produits au Maroc 68 600
4455 Etat, TVA facturée 13 720
15/12 (2 p)
6121 Achats de M et F consommables 441 000
34552 Etat, TVA récupérable/ch 88 200
4411 Fournisseurs 529 200
20/12 (2 p)
3481 Créances sur cession d’immobilisations 110 000
7513 PC des immobilisations corp 110000
20/12 (2 p)
2332 Matériel et outillage 278 000
34551 Etat TVA récupérable / immob 55 051,20
5141 Banque 330 307,20
7386 Escompte obtenu 2 744
25/12 (2 p)
61 Publicité, publications et RP 320 000
34552 Etat, TVA récupérable/ch 64 000
5141 Banque 384 000

 

  1. Calculer et comptabiliser les dotations aux amortissements de l’exercice relatives aux machines MR245 et MR385 (4 p)
Machine Calcul Montant
Machine MR245 250 000 *10% 25 000
Machine MR245 384 000 *10%  * 1/12 3 200
TOTAL   28 200 (2 p)

 

31/12 (2 p)
6193 DEA des immob corp 28 200
2832 Amortissements des  Matériels et outillages 28 200

 

 

  1. Régulariser la cession de la machine MR245 (3 p)

 

Date  d’acquisition : 05/07/2009

Date de la cession : 20/12/2014

Durée de conservation : 5ans et 6 mois

Cumul d’amortissement =  250 000 *10% * 5,5=  137 500

VNA = VE – Σ Amrt = 250 000 – 137 500 = 112 500 (1 p)

 

31/12 (2 p)
2832 Amortissements des  Matériels et outillages 137 500
6513 V NA des immob corp cédées 112 500
2332 Matériels et outillages 250 000

                                       

 

SOUS EPREUVE 2 : ECONOMIE- DROIT (50 p)

Dossier 1 : ECONOMIE  (30 p)

 

  1. Définir les termes suivants : balance commerciale, accord de libre échange, indice de développement humain. (6 p)
  • Balance commerciale : état statistique qui regroupe l’ensemble des échanges de biens entre un pays et le reste du monde (2 p)
  • Accord de libre échange : convention entre deux ou plusieurs pays qui instaure la libre circulation des biens et services réalisés dans un pays membre de la convention entre les pays  (2 p)
  • Indice de développement : indicateur statistique élaboré par le PNUD en vue de mesurer et de comparer le  niveau de développement humain entre pays. Il s’agit d’une moyenne arithmétique simple de trois variables à savoir, le revenu par habitant, le taux de scolarisation, et l’espérance de vie à la naissance. (2 p)

 

  1. Calculer et commenter le taux de couverture pour 2013. (6 p)

Taux de couverture =   (2 p)

Pour 2013 :   = 48,61% (2 p)

 

Les recettes générées par les exportations ne permettent de financer que 48,61% de la valeur des importations. Le pays doit trouver d’autres sources des devises pour financer l’autre moitié de ses achats à l’étranger. (2 p)

 

  1. Analyser la structure du commerce extérieur du Maroc. (6 p)

 

Groupe de produits Importations en  % Exportation
Alimentations, boissons et tabacs 9,4 18,1
Energies et lubrifiants 26,9 5
Produits bruts 4,7 9,6
Demi-produits 21,1 24,4
Produits finis d’équipement 21,2 17,3
Produits finis de consommation 17 25,6
Total 100 100

(BONUS 1P pour la calcul des pourcentages)

Par catégorie de produits, les principales importations du  Maroc sont : les produits énergétiques, les biens d’équipements, les demis produits et enfin les produits finis de consommations.

Le Maroc est  fortement dépendant de l’extérieur en matière énergétique, la part des biens d’équipement s’explique par  l’effort soutenu en matière d’investissement public et privé. La part des demi -produits renseigne sur le contenu élevé en importation des produits exportés. (2 p)

S’agissant des exportations, on s’aperçoit que le Maroc n’est plus un pays exportateurs de MP agricole et minérales. La part des produits bruts n’est plus que 9,6% et celle des produits agricoles de 18%. Le Maroc exporte davantage de produits finis de consommations, des produits semi finis et même des produits d’équipement. (2 p)

Le Maroc est déficitaire pour toutes les catégories de produits, mais ce déficit est le plus grave  pour les produits énergétiques et pour les biens  d’équipement. (2 P)

  1. En quoi le commerce extérieur constitue-t-il un moteur de la croissance économique du Maroc ? (6P)

L’analyse par composante de la demande montre que le commerce extérieur  contribue négativement à la croissance du pays. En effet, sur la période 2006-2011,  la contribution des exportations se situe à 1,4% alors que celle des importations se chiffre à -2,7% ; soit une contribution négative des échanges extérieurs de -1,3 %.  (2P)

Cependant cette mesure comptable demeure insuffisante pour  cerner l’ensemble des effets du commerce extérieur sur la croissance. En effet, les importations contribuent aussi à la croissance par la diffusion du progrès technique et l’amélioration de la productivité qui en résulte. L’ouverture permet  aussi une meilleure allocation  des ressources à travers la spécialisation. Enfin, l’ouverture commerciale est souvent  synonyme d’attraction des IDE dont l’effet sur la croissance est évident. (4P)

  1. Le Maroc doit il renoncer à la politique des accords de libre échange ? (6P)

Certes le Maroc ne profite pas pleinement des accords de libre échange qu’il signé mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il doit les dénoncer. En effet, nul ne peut nier que la croissance du commerce bilatéral consécutive à la conclusion des ALE est souvent déséquilibrée au profit des partenaires du Maroc.  (2P)

Cependant, on constate  que les ALE n’expliquent que moins du tiers déficit commercial du pays. Ces accords ne peuvent être tenus pour seul responsable de la situation du commerce extérieur du Maroc.  D’autres  facteurs contribuent à la dégradation du solde commercial comme la faiblesse de l’offre exportable, la forte concentration des exportations sur un nombre réduit de produits et marchés. (2P)

Ceci dit, le gain potentiel des dits accords demeure important ;  d’où l’intérêt d’une stratégie nationale pour promouvoir  les exportations de façon générale et  en vue de tirer profit  des avantages des ALE en particulier. L’Etat et le secteur privé doivent œuvrer ensemble pour lever les obstacles qui empêchent les entreprises  de bénéficier des avantages des ALE (règles d’origine, barrières non tarifaires, …)  (2P)

 

DOSSIER 2 : DROIT  (20 P)

  1. Qualifier le contrat conclu entre Monsieur BERDAI et monsieur LAKHAL (2P)

Contrat de vente d’un bien immeuble

Vendeur : M. BERDAI

Acheteur : M.  LAKHAL

  1. Vérifier les conditions de validité de ce contrat (4P)

Les conditions de validité du contrat sont :

  • La capacité des parties
  • Le consentement des parties
  • L’objet licite, certain et réel
  • la cause licite et légitime

 

Toutes ces conditions sont réunies : Les deux parties sont majeures et capables ; elles se sont mis  d’accord sur le prix du bien qui est licite réel et certain (ensemble immobilier). La cause du contrat est également légale et légitime : déménagement pour le vendeur et possession d’un bien immeuble pour l’acheteur.

 

  1. Quelles sont les responsabilités des parties contractantes? (2P)

Responsabilité du vendeur : livraison de la chose vendue dans les conditions définies par le contrat

Responsabilité de l’acheteur : paiement du prix conformément aux modalités contractuelles

 

  1. Sur quels principes juridiques Monsieur BERDAI pourrait-il fonder une action judiciaire dans le but de défendre ses intérêts ? (2P)

Monsieur BERDAI pourrait fonder une action judiciaire  sur l’erreur  qui constitue un  vice du consentement. En effet, au moment de la conclusion du contrat M. BERDAI n’était  pas informé de la valeur réelle de son bien.

 

  1. De quels moyens juridiques dispose la défense de Monsieur BERDAI ? (6P)

La défense de Monsieur BERDAI peut invoquer l’écart entre le prix de vente  du bien par M. BERDAI (1800 000 DH) et celui de la revente par M. LAKHAL après quelques mois (3 200 000 DH). Cet écart (1 400 000 DH soit 77%)  ne peut être expliqué  par  des événements postérieurs à la conclusion du contrat  de vente initial mais par l’insuffisance du prix de vente par M. BERDAI. La valeur du bien correspond donc au prix de la revente et non au prix initial. M. BERDAI n’aurai pas accepté de conclure le contrat s’il était en connaissance de  la valeur de son bien. Son consentement est donc vicié.

  1. Devant quel tribunal Monsieur BERDAI doit il ester en justice ? (4P)

L’action en justice doit être soumise  au tribunal de première instance de Kenitra.

Compétence matérielle : Il s’agit d’une affaire civile (vente de bien immeuble conclue par deux particuliers).

Compétence territoriale : domicile  du défendeur (M. LAKHAL)

 

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