Dissertation: Y a-t-il un plaisir à désirer ? Par Wafae Abid

 

 

Sujet :

 

Y a-t-il un plaisir à désirer ?

 

 

Analyse du sujet : 

  • Un plaisir à désirer : une jouissance qui accompagne la volonté et la motivation de l’individu.
  • Une simultanéité entre la jouissance et le désir : le désir est en lui-même un plaisir
  • Le plaisir ne met pas fin au désir, il l’anime et le provoque.
  • Le plaisir à désirer se manifeste à travers la multiplication des désirs, l’imagination d’une jouissance future, la sublimation du réel.
  • Le plaisir à désirer est un plaisir réel puisqu’il mouvemente la conscience et positive les ambitions.
  • Cependant, on pourrait dire que le plaisir à désirer n’est qu’une sensation transitoire et consolatrice. Ce n’est pas le plaisir qui accompagne le désir, mais plutôt l’illusion du plaisir.
  • Le désir n’est donc pas synonyme du plaisir, il est associé à l’effort et à l’endurance.
  • Le désir nostalgique est à titre d’exemple une fixation de l’homme au passé refoulé, il empêche le retour au réel et par conséquent engendre un bonheur fictif.
  • Le plaisir à désirer crée en outre un décalage entre les espérances et les possibilités de leur réalisation, ce qui offense la conscience de l’être.

 

Problématiques possibles :

  • En quoi « le plaisir à désirer » traduit-il une jouissance trompeuse et chimérique ?
  • Dans quelle mesure le plaisir est-il le résultat de l’inconstance et de la pluralité des désirs ?
  • « le plaisir à désirer » n’est-il pas un idéal de l’imagination qui, au moment où il se heurte au réel, s’estompe ?
  • Existe-t-il une simultanéité entre la sensation du plaisir et l’action de désirer ?

 

Plan détaillé :

I- Le plaisir à désirer : la véritable jouissance

1- Quand le plaisir est une sensation provoquée par l’inconstance et la multiplicité des désirs :

  • Condillac : une succession de jouissances ne peut provoquer le même plaisir senti lors de la création de nouveaux désirs.
  • Dom Juan : Tout le plaisir est dans l’inconstance.

2- L’imagination comme substitut à la satisfaction inachevée :

  • Rousseau : Le plaisir imaginaire sentie par Julie avant l’engagement.
  • La Fontaine : le personnage de Perrette dans la laitière et le pot au lait ; le mouvement de son corps cristallise l’authenticité de sa sensation de bonheur.

 

Transition : « le plaisir à désirer » est un concept réel, une sensation qui souligne ce synchronisme magique entre la sensation de jouissance et l’activité désirante. Néanmoins, le désir n’est pas toujours lié au plaisir puisqu’il reflète une action qui exige de l’effort et de l’endurance, surtout quand elle émane d’un manque.

 

II- Le désir est une négation du plaisir, le mouvement d’une endurance

1- Le plaisir à désirer n’existe pas, puisque le désir est le signe d’une carence :

  • Schopenhauer : désirer c’est exprimer un manque et une frustration.
  • René Girard : désirer est un « manque d’être ». En se comparant à autrui, l’homme n’est jamais satisfait.

2- Le désir est parfois le générateur d’un plaisir antérieur, ce qui favorise la souffrance de l’homme :

  • Ferdinand Alquié : désirer c’est s’attacher à un passé révolu, ce qui fait du présent un temps inaccompli et insatisfaisant. Le désir actuel se trouve frustré par le passé.
  • Christopher Lasch : La nostalgie met l’accent sur la carence du présent, sur l’incapacité de l’homme à valoriser ce qu’il possède.

 

Transition : Cette négation du « plaisir à désirer » est alors due à la présence de la souffrance et du manque qui entrave l’accès à l jouissance. Par ailleurs, la corrélation entre « le plaisir à désirer » et l’imagination nous amène à considérer ce plaisir fictif comme illusoire et falsifié.

 

III- « Le plaisir à désirer » ou l’inattendue déception

 1-Le décalage avec le réel => Le retour blessant à la réalité :

  • Julie ou la Nouvelle Héloise => « Ce bonheur m’ennuie. »
  • La frustration de Perrette la laitière => « Au grand danger d’être battue. »
  • Kant => « Le bonheur est un idéal de l’imagination. »
  • Moravia => « Elle cessa de m’aimer. »

 

2- Le délire des consommateurs et la frustration face à la nouveauté

  • L’illusion de la plénitude => Konrad
  • Passer d’une consommation à l’autre, d’un vide à l’autre => Jacques Généreux

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