Homme / Animal: Continuité ou rupture ?

L’animal est conventionnellement un être vivant organisé doté de sensibilité et de mouvement/motilité. Il est distinct du végétal autotrophe qui produit par son organisme toutes les matières nécessaires à sa survie à partir des éléments minéraux. Ainsi, l’animal est-il hétérotrophe puisqu’il est capable de synthétiser les éléments constituants des substances organiques dont il se nourrit.

Cependant, dire que l’animal est un être vivant ne semble pas une définition pertinente, car même les bactéries, les végétaux et les champignons le sont ; et en ce sens, il est incontestable que l’homme soit aussi un animal.

A cet égard, au lieu de prendre le terme « animal » au sens limité, il serait préférable de mettre l’accent sur ce qui le différencie de l’homme. Autrement dit, si l’homme est défini comme un animal, il est aussi désigné à travers les différentes nuances qui le séparent de cette catégorie.

A titre d’exemple, si l’homme est défini comme « un animal rationnel » ou « animal politique », c’est pour signaler un hiérarchie ontologique plus qu’une continuité. A cet égard, ce qui définit l’animal, ce sont les carences, ce que l’homme possède naturellement et qu’il ne peut aucunement avoir. L’homme semble dans ce sens supérieur, cette perception est favorisée par la religion et l’âge classique : l’homme est créé à l’image de Dieu, l’animal est infra-humain.

Cette discontinuité biologique et ontologique a été réinterrogé par la théorie de l’évolution. Au lieu de parler d’une hiérarchie des espèces, on admet une différence de degré. Cette distinction est toujours présente, car l’animal est plus attaché à la nature alors que l’homme est conduit par la culture. D’où l’interrogation : l’animal n’est-il qu’un modèle pour penser l’homme ? Pas toujours, parce que, et malgré cette supériorité prétendue de l’homme, la vie de l’animal semble une référence de félicité, il est en parfaite communion avec son milieu, contrairement à l’homme qui perturbe l’écosystème.

Ne faut-il donc pas penser à l’aspect animal de l’homme ? L’animalité n’est-elle pas un critère humain ? En effet, en reconnaissant la continuité [Animal => Homme], la science a modifié la perception des animaux. Par ailleurs, l’évolution socio-économique a revisité la position de l’animal dans la vie humaine, il s’insère à ce titre dans le domaine de la consommation, du droit et de l’éthique.

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