Iscae 2020: Corrigé de l’épreuve de culture générale ECS

Les idées du textes :

  • Le progrès s’invente à travers  des découvertes scientifiques.  Le champ de la connaissance et constamment ouvert sur la créativité et la remise en question. Tout progrès a pour finalité le bonheur puisqu’il est le moteur de toute avancée.
  • La continuité de l’homme dépend du progrès.
  • Le progrès de la connaissance libère l’homme des contraintes naturelles afin qu’il dépasse sa vulnérabilité naturelle.
  • D’un point de vue épistémologique, le savoir est un antidote contre les idées obscurantistes.
  • Le progrès est le catalyseur du changement et des grandes mutations de l’homme.
  • Le propre de l’homme est la perfectibilité comme le souligne Rousseau. La perfectibilité de l’homme se manifeste aussi bien au niveau scientifique qu’au politique.
  • Tout progrès scientifico-technique est générateur de transformations sur le plan politique et social

 

Antithèse : Le progrès et la croissance sont destructeurs. 

– Les partisans d’une vision figée de l’homme pensent que le progrès risque de faire perdre à ce dernier ses repère et favorise son aliénation.

– Les arguments de ceux qui récusent toute idéologie du progrès :

– Le progrès et la croissance sont destructeurs : L’humanité s’en trouve menacée.

 

Thèse : le progrès est une émancipation de l’homme :

– Le progrès est modernité.  Il est innovation et changement.  Le progrès nous désaliène.

– Inséparabilité entre le progrès technico-scientifique et le progrès de la société.

Synthèse :

L’homme est créateur de son Histoire. Une histoire qu’il invente et qu’il écrit à travers les multiples découvertes scientifiques et les évolutions sociales que cela implique.

Ce n’est pas le progrès qui détruit l’homme mais plutôt l’idéologie productiviste, consumériste  qui aliène l’homme, voire le réifie.

Le progrès est une notion complexe. Le productivisme et la surconsommation qui domine dans les sociétés d’aujourd’hui sont une image déformée de ce que devrait être le progrès authentique.

Le progrès authentique  est un combat qui libère l’homme et améliore les conditions de son existence sans aucun risque d’aliénation. Cela implique une prise de conscience de la part de l’homme moderne qui doit savoir que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

  

Après avoir dégagé les idées des textes, il faut penser à trouver une bonne problématique et un plan cohérent.  Vous devez respecter strictement les règles méthodologiques de la dissertation, avec pour particularité, vu la contrainte du temps, la possibilité de se contenter seulement de 2 grands axes et de 2 sous-axes.

Attention à la qualité de la réflexion et la pertinence du propos.

 

Problématique :

Quelles sont les implications anthropologiques du productivisme ? Toutes les connotations péjoratives du progrès ne sont-elles pas associées à des systèmes économiques productivistes et aliénants ?

Plan :

I – Le progrès entre émancipation et aliénation de l’homme :

  • Le progrès, comme signe de changement et de modernité, favorise l’épanouissent de l’homme à travers les découvertes et les innovations savantes.
  • Toutefois, Les idéologies productivistes (surproduction et surconsommation) abîment le vivant, aliène et déshumanise l’homme.

 

II – Dans les sociétés capitaliste, « Le progrès authentique »serait celui qui implique une responsabilité à l’égard de l’homme :

  • Toute idéologie productiviste est condamnable du fait qu’elle réifie et aliène l’homme.
  • Science-et progrès- sans conscience ne sont que ruine de l’homme.

 

 

Des références possibles pour enrichir la réflexion :

  • « Contrairement aux grands espoirs qui ont soulevé nos aïeux, nous savons désormais qu’aucune acquisition du progrès technique n’est une valeur irréversible. Toutes les techniques peuvent être, de manière plus ou moins efficace et dangereuse, retournées contre l’homme. »

Georges FRIEDMANN, La puissance et la sagesse, 1970.

  • « Il ne s’agit pas ici de remplacer l’idée de progression par celle de régression, c’est-à-dire de substituer une simplification mutilante à une autre. Il s’agit au contraire de considérer enfin en complexité l’idée de progrès. Pour cela il faut détruire l’idée d’un progrès simple, assuré, irréversible, et considérer un progrès incertain dans sa nature comportant du régrès2 dans son principe même, un progrès, aujourd’hui, en crise à l’échelle de chaque société et, bien sûr, de la planète dans son ensemble. »

Edgar MORIN, Pour sortir du vingtième siècle, 1981.

  • L’ancienne malédiction : « Tu travailleras à la sueur de ton front », commence à être écartée; de plus en plus nombreux sont les hommes pour qui la vie n’est plus seulement une quête perpétuelle des moyens de survivre; grâce au progrès des techniques qui a suivi le progrès des connaissances, notre capacité à créer des richesses a atteint un tel niveau que le privilège du loisir pourrait, facilement sans doute, être étendu largement.

Albert JACQUARD, Au péril de la science ? (1982).

  • Nos actions ont des répercussions irréversibles et cumulatives sur la nature et l’humanité. Cependant, nous ne connaissons pas avec exactitude les conséquences de nos actes. L’homme est désormais responsable de la nature. L’éthique ne peut plus se limiter à l’être humain. Une éthique ontologique voit le jour, car l’action humaine dépasse l’individu et peut mettre en péril même la nature. Jusqu’à maintenant, l’éthique se référait au contexte immédiat de l’homme. Aujourd’hui, nous devons construire une éthique à long terme.

 

  • Pour Jonas, l’humanité doit exister à tout prix. Nous avons la capacité de détruire tout ce qui existe sur Terre et, dans ce sens, le néant est plus proche que jamais. Cependant, l’humanité a le devoir d’exister, de préserver son être, elle a donc la responsabilité d’exister. Cette nouvelle responsabilité orientée vers le futur donne un contenu à la morale. Pour revenir à notre question du départ, il ne peut pas y avoir de bonheur de l’humanité, sans l’existence de celle-ci. Les biotechnologies peuvent menacer l’existence de l’humanité, donc son bonheur.

Jeremy Rifkin

 

 

 

 

 

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