La croissance et le chômage

Introduction :

Selon HCP Le taux de chômage ne cesse de grimper au Maroc même si c’est en de petites proportions. Cette année 201 8, le Royaume s’attend à un taux de 1 0,5% alors qu’il était de 1 0,2% pour l’année 201 7 et de 9,9% en 201 6. La notion de chômage désigne la situation d’une personne qui est apte et souhaite travailler, mais qui est sans emploi, peut résulter : de l’entrée dans la vie active, d’une recherche d’emploi après une période d’inactivité, d’un
licenciement, démission, changement d’activités. Cette notion prend plusieurs formes, on a Chômage frictionnel, Chômage d’inadéquation, Chômage structurel, Chômage technologique, Chômage déguisé (sous-emploi), Chômage technique, Chômage partiel (temps de travail), Chômage saisonnier, Chômage keynésien, Chômage néoclassique, Chômage volontaire et Chômage sectoriel. Le concept est lié à la croissance économique qui définit comme l’augmentation durable de la richesse créée par un pays dans une période. La notion de croissance présente plusieurs formes ; On trouve la croissance intensive : C’est le résultat de l’amélioration de l’efficacité des facteurs de productions. La croissance extensive : C’est le résultat de l’augmentation des quantités de facteurs de productions. La croissance endogène (Paul Romer) : C’est une croissance due à des facteurs endogènes (internes). La croissance exogène (Robert Solow) : C’est une croissance due à des facteurs exogènes (externes). La croissance nominale : C’est une croissance calculée à partir  les prix de vente observés. La croissance réelle : C’est la croissance calculée à partir  les prix de vente d’une année de base. La croissance équilibrée : c’est une croissance qui touche tous les secteurs. Et la croissance déséquilibrée c’est une croissance qui touche certains secteurs. Pour mieux traiter ce sujet, il faut répondre à est ce que la croissance est capable à résorber le chômage ?
Pour le premier temps on va parler sur la croissance comme condition nécessaire la réduction de chômage (I) enfin on va voir que la croissance ne crée pas toujours des emplois (II).

I-La croissance comme condition nécessaire la réduction de chômage

  1. Le volume d’emploi dépend fondamentalement du niveau d’activité. Dans la théorie keynésienne, l’emploi
    dépend directement de la croissance, qui dépend de l’intensité de la demande globale. Le chômage « keynésien » est toujours involontaire, et résulte seulement d’un ralentissement de l’activité. Cette définition conjoncturelle du chômage justifie la mise en œuvre de politiques économiques pour stimuler la croissance. Les modèles post-keynésiens (IS-LM…) mettent en scène des situations « d’équilibre de sous-emploi » dans lesquelles les politiques économiques interviennent pour stimuler l’activité et porter la croissance à un niveau qui assure le plein emploi. On a estimé dans les années 1960-70 que les politiques macroéconomiques de relance étaient de nature à résorber un chômage dont les racines étaient perçues à l’époque comme étant d’ordre purement conjoncturel.
    2. La loi d’Okun a formalisé la relation croissance-chômage. Le keynésien A. Okun montre au début des années 60 que le chômage augmente chaque fois que la croissance effective (ou le PIB effectif) tombe au-dessous de la croissance potentielle (ou du PIB potentiel). Le gap d’Okun correspond à l’écart entre les deux (la croissance potentielle est celle qu’il serait possible d’obtenir si les facteurs étaient pleinement employés). La loi d’Okun montre que, pour les Etats-Unis de l’époque, tout accroissement du gap de trois points entre le PIB effectif et le PIB potentiel entraîne une augmentation du taux de chômage de un point au-dessus de son niveau « naturel ».

II-La croissance ne crée pas toujours des emplois

  1. La croissance ne crée des emplois que si son rythme de progression est supérieur à celui de la productivité.
    Les entreprises sont contraintes dans ce cas à embaucher. Du moins si elles ne choisissent pas d’augmenter le temps de travail (heures supplémentaires), ou d’investir dans des équipements automatisés. D’une façon plus générale, le progrès technique à court terme peut détruire des emplois. Certaines innovations, portant la croissance, peuvent créer un « choc de productivité » et un chômage technologique. A. Sauvy a montré que, à long terme, le bilan en emplois du progrès technique était positif. La compensation s’opère à travers un « effet-prix » (les baisses de prix permises par les gains de productivité stimulent la demande et la production) et un « effet-revenu » (le surplus de richesse issu des gains de productivité alimente de même la demande, etc.).
  2. La création d’emplois dépend du caractère durable ou non de la croissance. Lorsque celle-ci redémarre, les
    entreprises n’embauchent pas tout de suite, dans l’attente d’une confirmation de la tendance. La productivité
    (rapport de la production au coût des facteurs) augmente alors. Les embauches qui interviennent par la suite, en
    augmentant le coût des facteurs, réduisent la productivité (notion de cycle de productivité).
    La vitesse d’ajustement de l’emploi est variable.
  3. Les entreprises n’embauchent que si leur activité (leur « offre ») est globalement rentable. Cette rentabilité ne dépend pas seulement des coûts salariaux, mais aussi : des taux d’intérêt (qui déterminent les charges financières) ; des investissements (qui déterminent la capacité productive) et de la compétitivité. Une mauvaise
    rentabilité n’incite pas les entreprises à développer leurs capacités, ni à embaucher, et un chômage de type
    « classique » (au sens de Malinvaud) peut coexister avec une reprise de la croissance.

 Conclusion

Le chômage est globalement lié à la croissance, mais cette relation est intermédiaire par un grand nombre de variables : productivité, temps de travail, flexibilité et coût de la main-d’œuvre, population active, structure du
chômage et de l’emploi… Seule une accélération forte et durable de la croissance est susceptible d’avoir un effet
significatif sur le fléchissement du chômage. La relation croissance-emploi s’est toutefois retendue de nos jours
avec le ralentissement des gains de productivité. Laissant espérer la possibilité d’un retour au plein emploi à
moyen terme (en 2010 selon le rapport Pisani Ferry). En France, dans les structures actuelles, la croissance
vraisemblablement n’en sera pas la condition suffisante. Elle devra être épaulée par les politiques.

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