L’amour mimétique chez Proust

[pl_row pagelayer-id= »20510wl0ib68ctbr » 0= » »]
[pl_col pagelayer-id= »1vn0e0frbqvgnxe3″ col= »12″]
[pl_text pagelayer-id= »yag34ghvvfebomj0″ 0= » »]

Par : Samir Aitohou.

Samir Aitohou, professeur de français. Il exerce actuellement au lycée Tariq Ibno ziyad, province Tinghir. Titulaire d’une licence en langue et littérature française, université Ibno zohr à Agadir et d’un master en didactique de FLE, ENS de Meknès. Grand passionné de littérature et de philosophie.
       S’inspirant de la théorie du  » désir triangulaire  » chez René Girard, SAMIR Aitohou, professeur de français et grand passionné de philosophie et de littérature, analyse la structure tripolaire de l’amour et du désir dans La Prisonnière, le cinquième tome du chef d’œuvre proustien , A la recherche du temps perdu.

    Il n’est pas de doute que Proust reste une des figures incomparables de l’art romanesque. Son chef-d’œuvre  » À la recherche  » demeure jusqu’aujourd’hui une des grandes références littéraires de l’Histoire.

Loin de le réduire à un simple maître de la narration et du roman, Proust est aussi un grand psychologue qui a bien compris la complexité de la nature humaine. Ses productions romanesques ne sont la plupart du temps qu’une mise en scène de cette nature complexe du caractère humain laquelle empêche souvent les individus de vivre sereinement aussi bien avec eux-mêmes qu’avez les autres.

Dans cette présente réflexion, je vais tenter de m’appesantir sur thématique particulière laquelle rend compte de cette complexité de la nature humaine et qui traverse, somme toute, l’œuvre proustienne, il s’agit, en l’occurrence, de l’amour !

Pour nourrir et chevaler cette réflexion, je vais m’arrêter exclusivement sur le tome de  » La prisonnière  » étant , me semble-t-il, le roman où la théorie proustienne de l’amour atteint son apogée.

Ce roman portant le titre révélateur de  » La prisonnière  » peut être d’emblée et à première lecture conçu comme étant une théorie psychologique de l’amour passionnel.

En effet, derrière cette trame narrative remarquable qui marque ce cinquième tome de la Recherche, se développe subrepticement une réflexion ingénieuse et abyssale sur la notion de « l’amour « .

Dans ses tentatives de définir et d’identifier le rapport qui le lit à Albertine, le narrateur ( Proust en l’occurrence !) semble incapable de nommer le sentiment qu’il éprouve à l’égard de  » son amie « . Tantôt il l’aime, tantôt il l’a fuit, souvent il l’a trouve belle, et souvent il l’a trouve laide… bref, c’est précisément cette émotion complexe et imprécise qui ponctue la relation du narrateur avec Albertine.

Cette ambivalence se présente dès lors comme une première caractéristique définitoire de l’amour chez Proust. C’est ainsi qu’Albertine est à la fois une source du désir et du rejet , de haine et de volonté. Ce combat continuel finira pourtant par le triomphe de l’amour et du désir, Albertine devient plus que jamais une question de vie ou de mort pour le narrateur.

Cet amour guidant l’instinct du narrateur est bien loin de ressembler aux autres amours. Il n a pas pour source directe Albertine elle-même, mais plutôt la peur que les autres ( André) désirent Albertine ! La jalousie fonctionne à cet égard en pure stimulateur de cet « amour mimétique  » . Ainsi le narrateur guette les moindres déplacements d’Albertines, ses sorties, les moments qu’elle passe sans lui… Il va jusqu’à la soupçonner de trahison et du mensonge !

En effet, Albertine est d’autant plus aimée qu’elle se montre indifférente vis à vis du narrateur. Ses silences et ses absences finissent par susciter les pires scènes imaginaires de trahison chez le narrateur qui attend impatiemment ses retours dans sa chambre. La crainte d’être trompé, la peur de ne pas être aimé en retour conduisent le narrateur à une jalousie maladive dont il ne peut se défaire. C’est ainsi qu’il dit dans un passage

 » La jalousie est un démon qui ne peut être exorcisé  » où l’on voit que l’amant malheureux est possédé par un sentiment de jalousie qui l’asservit et le détruit de l’intérieur.  »

Cet  » amour mimétique  » dont la source est la jalousie et l’imagination d’un rival éventuel met le héros de La prisonnière dans un état confus. Ne sachant plus si l’objet de son amour est Albertine ou plutôt le désir de cette dernière par une tierce personne (rival éventuel !), le narrateur se trouve tiraillé par un sentiment de désir et de haine. Désir de posséder Albertine, de la ravir aux autres, et haine et l’ennui de la garder avec lui une fois conquise !

En conclusion, on peut dire que Proust, en vrai théoricien de la nature humaine, brosse dans ce roman et à travers un raisonnement psychologique le portait de « l’amour « qu’il présente comme un sentiment complexe et contradictoire et qui semble difficile à vivre e à définir.

[/pl_text]
[/pl_col]
[/pl_row]

Sharing is caring!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

I agree to these terms.

Espace membre