« Le désir s’entretient par la distance, la tension et la conquête. » Paule Salomon par Wafae Abid

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Sujet : « Le désir s’entretient par la distance, la tension et la conquête. » Paule Salomon

 

  • Définition des mots-clés :
  • Le désir : Tendance, souhait, pulsion, tentation, manque, motivation, excès, plaisir, volonté, amour, sexualité …
  • D’entretient : Se tient dans le même état, se conserve, se protège, dure…
  • La distance : Intervalle de séparation, éloignement, étendue, vide, profondeur, écart…
  • La tension : Rupture, trouble, dispute, malaise, désaccord, effort, contrainte…
  • La conquête : Occupation, recherche, possession, séduction, découverte, amour, victoire…

 

Analyse de sujet :

  • Reformulation :
  • Le désir ne peut exister qu’à travers trois mécanismes majeurs : La distance, la tension et la conquête.
  • La distance renvoie _peut-être_ à cet éloignement entre l’être et son objet de désir.
  • Cet écart entre le désir et son objet fait la persistance et la durabilité de ce sentiment.
  • La tension renvoie aux contraintes, aux efforts et aux difficultés vécues lors de l’action de « désirer ».
  • Quant à la conquête, elle illustre la stratégie du désir vacillant entre quête continue et séduction.

 

  • Remise en question :
  • Cependant, ce désir a-t-il toujours besoin de ces mécanismes pour subsister, survivre et durer ?
  • Le désir est en effet une tendance qui naît naturellement, il ne nécessite ni effort ni conquête pour être.
  • Le désir s’entretient par le rapprochement, l’entente et le sérénité.
  • Même s’il y a distance, quête et conquête, le désir ne s’entretient pas, il est pure illusion.
  • Le désir s’entretient également par l’abstraction du plaisir, il est donc irréel.
  • De même, le désir se protège par l’absence de l’objet : le désir nostalgique, le désir de La Chose.
  • La conquête, la distance et la tension sont les troubles du désir.

Problématique :

  • Dans quel sens la quête acharnée et dure de l’objet désiré ne fait qu’aliéner et perturber le désir sain et naturel ?
  • Dans quelle mesure le désir, cette soif inextinguible, peut-il assurer sa constance à travers la possession de l’objet désiré ?

Plan détaillé :

I- Le désir : une quête à la fois tendue et plaisante :

  • Le désir est essentiellement endurance : Le désir se conserve par la multiplicité de ses objets et par les efforts qu’il ménage pour les posséder. Tout désir facile et accessible se trouve banalisé et rejeté : D’Holbach / Condillac

  • L’écart entre le désir et son objet crée une conquête imaginaire : En effet, le désir est animé par l’attente du plaisir et par toutes les possibilités de sa réalisation : La Fontaine (La fable de la laitière et le pot au lait), Jacques Brel (La quête), Rousseau (Julie ou la nouvelle Héloise)

Transition : Qu’il s’entretienne par la multiplicité des objets et des stratégies ou par l’intervalle qu’il crée entre lui et ses objectifs, et qu’il cherche à minimiser à travers l’imaginaire,  le désir se nourrit aussi du rapprochement, de la possession de l’objet désiré.

II- Le désir s’entretient par la quête de la fusion :

  • Désirer c’est s’allier : Bien entendu, le désir amoureux est une forme d’union entre deux individus, cette union permet la préservation et la continuité du désir, l’amour est une promesse d’éternité => Alain Badiou. Une autre facette de l’union désirée et désirante se manifeste à travers le désir spirituel. La quête de Dieu est en fait la recherche d’un désir continu animé par le rapprochement de Dieu : Bossuet.

  • Le désir de l’équilibre avant tout : L’esprit épicurien insiste sur la simplicité et la monotonie des désirs. Les désirs naturels et nécessaires ne perturbent pas l’être, puisqu’ils n’engagent pas d’effort ou d’endurance. Par ailleurs, le minimalisme contredit l’esprit mercantiliste de la consommation, en pensant qu’il faut se concentrer sur les désirs simples et réguliers, et se détacher des soifs insensées, artificielles et irrégulières.

Transition : Le désir est une sensation étrange. Bien qu’il tire sa force de cet écart qui l’éloigne de son objet et de la conquête de ce dernier, il se perpétue  au moment où il retrouve l’objet désiré, surtout si ce dernier conduit à  une émotion sublime et réconfortante. Cependant, le désir s’entretient-il vraiment de la possession de l’objet désiré ?

III- Le désir se conserve par l’absence et le renoncement :

  • La Chose entre l’inconnu et la nostalgie : Freud pense que l’acte de désirer est un retour à l’enfance, une tentative de retrouver le plaisir perdu. Par ailleurs, Lacan voit dans la multiplicité des désirs un signe de la présence secrète et forte d’un seul et unique désir refoulé, qui oriente toutes les volontés de l’être. Alquié cristallise cette idée à travers l’exemple du désir nostalgique qui structurent et déterminent les relations de l’homme.

  • La recherche de la transcendance : Selon Saint Paul, l’être doit nier les désirs terrestres et développer une soif spirituelle : c’est la véritable quête. Il s’agit là d’un désir continue et certain qui se préserve à travers la recherche continue du divin et des valeurs transcendantes loin des tensions et des endurances.

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