Le statut moral des animaux

 

Aristote pense qu’il existe une certaine hiérarchie naturelle dans l’ordre du monde, les hommes usent des animaux comme les animaux utilisent les plantes : ce qui est imparfait est au service de ce qui est parfait. Cette thèse est également développée par Descartes dans son livre « le discours de la méthode », il prétend que les animaux n’ont pas d’âme, d’affection ou de spiritualité, ils sont pure matière. Cependant, la domestication et l’élevage des animaux, la bienveillance de l’homme à leur égard, l’adoption des animaux de compagnie sont des approches qui supposent que l’homme a des devoirs à leur endroit. De même, l’ancien Testament tolère un certain usage des animaux, puisqu’ils ont été créés pour servir aux besoins des hommes, mais ils doivent être traités avec respect car ils font partie de la création de Dieu.

En effet, la réflexion autour de l’éthique animale est apparue dés l’Antiquité avec Pythagore qui soutient que les animaux possèdent une âme, et celle-ci change de corps après la mort, ainsi une âme humaine peut se retrouver dans le corps d’un animal (la transmigration de l’âme). Il est donc inconcevable de tuer les animaux ou consommer leur viande.

Au XVIème siècle, Montaigne exige un traitement humanitaire des animaux, ils sont, selon lui, des créatures dignes de respect. En 1789, Jeremy Bentham associe l’utilitarisme et l’éthique, il s’agit en effet d’un principe qui défend les intérêts des animaux indépendamment des intérêts des hommes. De même, en 1975, Peter Singer s’est inspiré de Bentham pour mettre en avant les bases du mouvement de protection des animaux.

E, 1983, Tom Regan va plus loin en pensant à « l’animal-sujet » dans son livre « The case oh the Animal Rights », les animaux ne sont plus des moyens pour satisfaire des fins humaines, mais des créatures qui possèdent des droits moraux.

Il faut par conséquent bannir toutes les souffrances des animaux et toute exploitation injustifiée ; et si l’homme défend les droits des animaux, il ne faut surtout pas qu’un bénéfice s’ensuit pour lui-même, car si c’est le cas, il en résulte un statut moral limité et un égoïsme de groupe qui ne défend que les droits des humains.

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