Les dangers de la démocratie : Tocqueville

A- les dangers de la démocratie selon Tocqueville et remèdes pour y faire face.

Quels sont les dangers au cœur des démocraties ?Montrer comment l’égalité des conditions abrite des effets pervers qui peuvent conduire à l’avènement du despotisme démocratique. Comment y remédier ?
La démocratie abrite en son sein un mouvement continu de réduction des inégalités, et c’est ce processus la qui menace la démocratie.
Despotisme démocratique (despotisme doux)

1-  L’égalitarisme : « Passion dépravée pour l’égalité »L’égalitarisme repose sur un gout dépravé pour l’égalité.
Le gout pour l’égalité pousse les faibles à vouloir ramener les forts à leurs niveaux.
L’égalisation des conditions renforce le désir pour l’égalité.
Lorsque l’inégalité est la norme, les inégalités restantes sont perçus comme insupportables, ce qui augmente l’envie de l’égalité.2) Le matérialisme : « Passion du bien être matériel »
2 – Le matérialisme c’est le désir d’acquérir ou de préserver le plus grand confort matériel possible
Egalité des chances => Mobilité sociale.
Le désir d’acquérir ou de préserver le bien être matériel occupe les esprits dans une société démocratique.
Le confort matériel > Chose publique.3) L’individualisme.
Sentiment réfléchi qui correspond au repli sur la sphère privée (famille, amis).
Dans l’idée de Tocqueville, l’ascension sociale ne dépend que de soi. Les individus ne doivent leurs réussites sociales qu’à eux même.
Tocqueville nous dit que ces personnes n’attendent rien de personne, et qu’ils se replient donc sur la sphère privée.
Plus les conditions s’égalisent, plus il y a hausse de la mobilité sociale.
« La démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux. »
3- L’individualisme : conduit au désintérêt de la chose publique. Chaque individu devient un élément autonome.

*  Pour Tocqueville, être égoïste c’est aimer de manière trop importante sa propre personne, ce qui fait que la personne va se trouver préférable à tout et trouver que tout passe par lui.
L’individualisme est un éloignement de la société/des pairs afin de ne plus voir que sa famille et quelques amis, afin de prendre exemple sur la grande société humaine pour former une petite communauté plus restreinte.
Ces deux notions peuvent tendre à se rejoindre mais ne sont pas synonyme au départ

* L’individualisme progresse dans les sociétés démocratiques car l’égalisation des conditions amènent un groupe d’individus qui peuvent et décident de se suffire à eux même car ils ne doivent ni n’attendent rien de personne et qu’ils ne sont donc pas forcément astreint à rester dans la grande société.4) La tendance au conformisme et la tyrannie de la majorité.
Le conformisme c’est le rejet de la différence car toute différence est perçue comme une inégalité.
Conformisme = Soumission des individus à l’opinion publique, aux normes sociales d’une société.
Ainsi 55% des français interrogés pensent qu’il y a trop de grèves en France.
Le conformisme c’est penser comme tout le monde. => Tyrannie de la majorité.
Egalite => Conformisme
Car l’égalité amène naturellement la soumission au plus grand nombre.
L’opinion publique sert de guide aux individus d’après Tocqueville.
L’opinion publique devient un tyran donc les minorités ont forcément tort.
La tyrannie de la majorité c’est la capacité qu’a la majorité dans les sociétés démocratiques à imposer ses idées, ses façons de vivre à un individu qui renonce alors à exercer son économie.
L’opinion commune a chez les peuples démocratiques une puissance infiniment plus grande que dans nulle autre. Les intérêts de la minorité ne sont pas défendue, et parfois cette minorité est opprimée, et cette oppression est exercée au nom de la démocratie.5) Le despotisme démocratique.
Définition : Appareil politique absolu, détaillé, prévoyant et doux, qui sous le couvert du règne de la volonté populaire bannit toute liberté.
Qui contrôle donc toute la sphère politique et vote les lois.
Si la majorité impose ses pensées, on a plus notre liberté d’expression.
Despotisme démocratique promet l’égalité et le confort.
L’égalité isole et affaiblit les hommes en les conduisant au gout du bien-être (matérialisme) et au repli sur soi (individualisme) , au désintérêt pour la chose publique, à la soumission aveugle à l’opinion majoritaire (conformisme et tyrannie de la majorité) et donc l’égalité laisse les mains libres au despotisme démocratique.

CE QU’IL FAUT RETENIR

La passion pour l’égalité est une menace pour la liberté. L’égalité isole et affaiblit les hommes conduisant à l’individualisme, au goût du bien-être, au repli sur soi et au désintérêt pour la chose publique.

En résumé, Les risques des sociétés démocratiques sont : l’égalité, le matérialisme, l’individualisme, le conformisme et le despotisme .La société démocratique transforme le lien social en faisant émerger un individu autonome. C’est une source de fragilisation qui peut déboucher sur une attitude de repli sur soi.

Comment ce que Tocqueville appelle l’individualisme peut-il naître de la démocratie ?

En favorisant l’égalité et l’accroissement du bien être matériel, la société démocratique brise les liens de dépendance entre individus et entretient l’espérance chez l’individu que son bienêtre matériel peut encore s’accroître sans qu’il ait à compter sur autrui. Il devient ainsi parfaitement possible pour son existence privée de s’en tenir aux siens et à ses proches.

L’égalisation des conditions en rendant ainsi possible l’isolement vis à vis d’autrui remet en cause le lien social ainsi que l’exercice de la citoyenneté.

On se dirige donc vers un despotisme démocratique.

La société démocratique peut donc conduire ses membres à abandonner, presque volontairement leur liberté tant ils sont aveuglés par les bienfaits qu’ils attendent de toujours plus d’égalité.

Éblouis par l’enrichissement, le désir d’une plus grande satisfaction matérielle et la recherche du confort individuel diminuent la vie culturelle, les citoyens oublient de participer à la vie politique qui, du même coup, s’appauvrit.

Le premier danger de la société démocratique est donc de pousser les citoyens à s’exclure de la vie publique qui devrait pourtant être une préoccupation essentielle.

Les remèdes : rendre compatibles l’idéal d’égalité et la liberté = démocratie libérale.

Les moyens d’éviter les dérives de la société démocratique. Pour Tocqueville, il existe des solutions pour échapper à ce genre de chose qui vont amener au despotisme démocratique.

Derrière chacune des solutions se cache un principe essentiel selon Tocqueville : les risques que la société démocratique fait peser sur la liberté peuvent être neutralisés par la liberté elle-même.

Ces remèdes sont les suivants :

1. Les associations. Tocqueville dit qu’on peut jouer sur l’intérêt pour la chose publique avec les associations (démocratie participative). Le développement et la vitalité des associations permet au citoyen de se défendre contre les exigences du pouvoir. L’association permet de briser l’isolement de l’individu face à l’Etat qui a tendance à vouloir prendre en charge tout ce qui relève de la vie en société. L’association constitue donc, là aussi, un contre-pouvoir pour Tocqueville. L’association est un des remèdes pour restaurer l’intérêt de la chose publique.

2. La séparation des pouvoirs (exécutif et législatif) et l’indépendance du pouvoir judiciaire. La force des tribunaux garantit l’indépendance individuelle et limite le pouvoir politique. Le système judiciaire joue le rôle de contre-pouvoir dans les sociétés démocratiques car il permet à l’individu faible et isolé de faire reconnaître ses droits.
3. La décentralisation : c’est lorsque l’Etat abandonne une partie du pouvoir central aux collectivités locales, restaurer l’intérêt pour la chose publique en ramenant cette chose publique au plus près des individus.

4. La liberté de la presse restaure la liberté d’expression, moyen de lutte contre la tyrannie de la majorité. Elle permet au citoyen de s’exprimer et de s’adresser à l’ensemble de la nation.

5. La religion joue le rôle de ciment social. Elle permet en effet de resserrer le lien moral en offrant d’autres objectifs aux hommes que les jouissances matérielles et en imposant des devoirs à chacun vis-à-vis des autres.

B- la démagogie

La démagogie du grec demos, peuple et agô, conduire.
Etymologiquement, la démagogie est l’art de conduire le peuple, de savoir lui parler et le charmer. Il n’y avait pas à l’origine une connotation péjorative, comme c’est très souvent le cas de nos jours.
La démagogie est une attitude politique et rhétorique visant à essayer de dominer le peuple en s’assurant ses faveurs et en feignant de soutenir ses intérêts.

Les propos démagogiques sont proférés dans le but d’obtenir le soutien d’un groupe en flattant les passions et en exacerbant les frustrations et les préjugés populaires. Pour cela, le démagogue utilise des discours délibérément simplistes, sans nuances, dénaturant la vérité et faisant preuve d’une complaisance excessive. Il fait ainsi appel à la facilité, voire à la paresse intellectuelle, en proposant des analyses et des solutions qui semblent évidentes et immédiates. Il n’est pas fait appel à la raison et il n’y a pas réellement de recherche de l’intérêt général.La démagogie, qui est apparue avec la démocratie grecque, se retrouve dans toutes les démocraties, notamment en vue des élections.

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