Méthodologie de dissertation : » Pensé par opposition au référent normatif « homme », dont il serait l’envers, l’animal… » Hafid Bagdid.

Sujet étudié :

« Pensé par opposition au référent normatif « homme », dont il serait l’envers, l’animal est défini selon une structure privative qui met invariablement en relief un manque essentiel : il est sans âme, sans raison, sans liberté, sans conscience, bref, appréhendé à travers une série de négations ou de soustractions. »

Florence Burgat, Animal, mon prochain, Odile Jacob, 1997, p. 15.

Analyse de la citation :

  • La citation propose d’appréhender l’animal dans son rapport dialectique avec l’homme. Ce dernier apparait comme une « norme », c’est-à-dire comme étalon de base pris comme référence pour mesurer la conformité ou non d’un élément à une règle.
  • Le résultat est que l’animal est défini par la privation et la négation. Autrement dit, « homme » constitue le « tout » tandis que l’animal est « ce qui n’est pas…. » ou « ce qui n’a pas … ». Donc,

« animal » devient tout être n’ayant pas un ou plusieurs éléments intrinsèques à l’humain.

Interroger la citation :

  • Qu’est-ce qui fait ou impose que « homme » soit un référent normatif : un principe métaphysique ?

Un dogme scientifique ? Ou « par défaut », l’arbitraire? Ou c’est juste par « anthropocentrisme ?

  • Si cette mesure semble d’office acceptable, les qualités référentielles de l’homme ne seront pas sujettes au débat ? l’humain n’est pas exposé à la dépravation et donc de perdre ses qualités (pour rejoindre l’animal dans le manque) ?
  • Est-il possible de définir l’animal par l’animal, dans une perspective purement intrinsèque ? car il s’agit de deux natures largement différentes et distinctes à bien des égards.
  • Cette définition sous-tend une approche de transposition, ce qui n’est pas toujours valable. Chacun ses qualités, son monde et son identité.

Problématisation :

  • Il est possible d’orienter l’étude suivant le schéma de notre analyse. La citation s’ouvre sur plusieurs angles d’attaques :
  • Remise en cause totale : A quel point la vision de l’auteur semble valable ?
  • Interroger sa contradiction : Définir l’homme comme « référence » s’oppose à un principe de base : l’homme et l’animal relèvent de deux natures différentes, aucune passerelle n’autorise les rapprochements.
  • Interroger les conséquences de la citation : Définir l’animal par « le manque », n’occasionne-t-il pas la négation d’une identité animale intrinsèque ?

Dès lors, il y a possibilité de ménager différents plans en fonction de notre lecture, schéma d’analyse et des moyens d’argumentation dont nous disposons.

Vers le plan : Règles de base :

Axe 1 : Identifier le présupposé du départ.
Axe 2 : Critique/limite de ce présupposé.
Axe 3 : « Soigner » ce présupposé par un autre plus judicieux et valable.

Modèle 1 : Selon un schéma antithétique.

I- « homme » comme référence idéale pour penser l’animal privé de

II-  Mais, « animal » constitue une référence « naturelle » pour un humain naturellement « nu, instinctif, sans parole, sans connaissance…. »

III- « Homme »/ « animal » : deux natures incomparables.

Modèle 2 : Selon un schéma critique qui s’oppose radicalement à la citation.

I – « Homme » : norme référentielle pour un animal défectueux.

II- Or, l’humain est le seul être exposé à la dégénérescence et donc à tomber dans « l’animalité ».

III- Donc, « animal » serait une nouvelle référence à laquelle l’humain s’assimile et par laquelle il découvre sa nature réelle.

Modèle 3 : Un schéma qui interroge les « conséquences fâcheuses issues » de la citation.

I – « homme » une norme pour un « animal » privé de

II- Donc, cette définition tendancieuse élimine et nie l’existence animale (objet et réification).

III – Or, il importe de parler de l’ « animal » qui a une existence/identité intrinsèque.

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