Suis-je moi-même en désirant ?

Par : Hafid Bagdid – CPGE – Marrakech

La question interroge l’identité du moi profond et essentiel (mon être, ce qui ou ce que je suis en réalité) durant et sous l’effet de l’expérience psychologique du désir. Autrement dit, lorsque j’ai envie ou je veux…je suis conscient de mon identité ou je « deviens » une autre personne.

Problématique : Le désir est-il le reflet dévoilant ou voilant mon identité essentielle ? En d’autres termes, pendant le désir, je suis moi ou un autre ?

Plan proposé :

I – Je suis moi-même en désirant car c’est « je » conscient et libre qui désire et qui sait ce qu’il désire.

A : D’abord parce que « le désir est l’essence de l’homme ». (Spinoza). En désirant, j’étale ce que je suis réellement en dehors des déterminations communes sociales et générales. Le désir provient de ce je suis en tant qu’individu particulier.

B : « Je suis » c’est une entité libre et le désir émane de ma propre volonté. L’humain est d’abord défini en tant que personne libre et épanouie. Mon désir me permet de me définir : Les gouts et choix personnels sont exprimés sous forme de « désirs ».

C : « je suis » c’est « suivre mon désir » : l’humain est un être de plaisir, conditionné par les désirs. Il n’est pas lui-même sans désir. D’Holbach et Rousseau critique ceux qui s’abstiennent car il s’oppose à eux-mêmes, et risquent de devenir « misanthrope » d’eux-mêmes.

II – Cependant, « je » se trahit et ne se reconnait en désirant comme si le désir lui échappe ou ne se reconnait pas comme d’habitude.

A : Le désir provient de la zone inconsciente que le moi ignore ou ne contrôle pas. Freud dit que face aux envies, aux désirs puissants, « le moi est étranger dans sa propre maison ». Le texte résumé montre que l’inconscient est un « second moi » qui est un autre.

B : Par conséquent, le désir annule la liberté d’agir et du contrôle, donc il n’est pas lui-même. Le « moi » a l’impression d’obéir à une pulsion et à une passion (passivité). Dans La Bible, suivre son désir c’est devenir une personne dégénérée, animale…un autre qu’humain. Comme le dit un célèbre slogan publicitaire, « je ne suis pas moi-même sans être repu ».

C : nécessité de s’abstenir car le désir me trahit et me fait perdre. Pascal oppose la nature pure et originelle de l’homme sans mondanités, sans désirs du monde d’ici-bas, il devient dégénéré, une autre créature en devenant « concupiscent ».

III – Le désir met alors l’individu devant l’expérience de chercher sa vraie nature et identité.

A : « Moi réel » c’est la capacité de satisfaire un désir tout en étant maitre de soi : les épicuriens prônent une modération pour tirer profit de ses désirs : suivre mon désir et les vivre sans se perdre ( Boire sans arriver à l’ivresse ni se priver totalement). Le moi obéit avec équilibre à son corps et à son âme.

B : Le désir me définit dans le changement et dans l’évolution : mon identité n’est pas fixe mais à construire. Ainsi, Rousseau voit le désir comme un moteur de vie orienté vers l’avenir. Désirer c’est chercher une envie dans l’avenir. Grace au désir, ce n’est pas « je suis » mais « devenir » ce que je veux être.

C : le désir : accomplissement de soi, désir de grandeur….par le désir je me forge une identité que je n’ai pas à la base. Il n’a pas d’aile mais l’humain à toujours voulu se dépasser qu’il a inventé les moyens pour voler. C’est le désir qui fait de lui ce qu’il n’est pas en réalité.

Ouverture possible : Mais tous les désirs sont-ils à accomplir.

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