Thème de l’animal : Lamarck et Cuvier : transformisme vs le fixisme.

Lamarck et Cuvier se sont radicalement opposés, le premier soutenant que la formation des espèces est le fruit d’une évolution naturelle ; le second défendant une conception fixiste selon laquelle les espèces ont été créées une fois pour toutes.

1.    Jean-Baptiste Lamarck : 

1.1   Le fondateur de la biologie et de la théorie du transformisme :

Lamarck se fait d’abord connaître par ses travaux dans le domaine de la botanique. Il étudie ensuite les animaux, qu’il distribue en onze classes dont sept pour les invertébrés qui regroupent 80 % des animaux. Il s’intéresse également aux fossiles et fonde une paléontologie des invertébrés. Professeur au Museum d’histoire naturelle, il publie en 1809 son ouvrage essentiel, la Philosophie zoologique, dans lequel il élabore la théorie qui est attachée à son nom, le transformisme. Il est à proprement parler l’inventeur de la biologie, non seulement le terme, mais encore la science comme science autonome n’ayant d’autre objet que les êtres vivants. De la sorte, il marque une séparation radicale entre les êtres vivants et les objets inanimés, considérant qu’aucune continuité ne les relie. Cependant, les êtres vivants dépendent des lois de la physique. Immuables, celles-ci s’appliquent à la nature tout entière. C’est donc du côté de la physique que le principe de la vie est à rechercher et Lamarck rompt avec les conceptions fixistes et créationnistes de la nature. Pour autant, ses travaux s’inscrivent dans une pensée qui postule l’existence d’un ordre naturel, d’une marche de la nature que caractérise sa continuité. En ce sens, l’approche scientifique de la nature qui est celle de Lamarck et dont témoignent ses classifications s’accompagne d’une compréhension philosophique de la nature. C’est donc à partir de l’une et de l’autre que se construit son discours sur les animaux.

1.2   Une pratique critique de la classification :

Lamarck est un classificateur. La rigueur et le systématisme de ses classifications lui ont valu d’être surnommé « le Linné français » par le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844). Mais, ironie des choses, Lamarck a établi sa propre classification à partir d’une critique de celles qui existaient alors, notamment, justement, celle de Linné. Ainsi qu’il le dit dans son premier tome de La Flore française, paru en 1778, les classifications ne sont que des arrangements méthodiques et proportionnés aux limites de nos conceptions. Pour avoir « exercé la sagacité de l’esprit humain », les classifications « ne sont au fond qu’un aveu de sa faiblesse déguisé sous un appareil imposant. » Il convient donc pour qu’elles ne trahissent pas la nature dont elles visent à rendre compte d’en faire un bon usage. Les classifications, qui divisent, ne peuvent saisir la marche de la nature comme une totalité, totalité que tissent les rapports qui lient entre elles les choses naturelles. Classer revient donc à courir le risque de ne pas percevoir la continuité naturelle. Pourquoi classer, alors ? Parce que le spectacle de la nature tel qu’il s’offre à nous ne nous permet de percevoir que des individus d’une part ; parce que l’imagination, sans laquelle nous  ne pouvons construire ce spectacle, l’investir de sens, commet d’autre part des erreurs que seule la rigueur scientifique de la classification peut corriger. Il faut donc classer, mais sans établir de division au sein de l’ordre naturel et, bien au contraire, en maintenant une continuité entre les êtres. Lamarck redéfinit donc la méthode de la classification pour se donner une méthode qui soit conforme à son objet.

1.3   De la classification à l’échelle des êtres et de l’échelle des êtres au transformisme :

Classer les êtres de la nature, les végétaux et les animaux, de façon à suivre celle-ci dans sa marche continue revient à sérier. Au sein des onze classes en lesquelles il réunit le monde animal, Lamarck dresse des séries qui s’inscrivent elles-mêmes dans la continuité les unes des autres, de sorte que d’une classe à l’autre, il n’y a qu’une rupture arbitraire qui ne doit pas occulter la réalité de la continuité naturelle. Dans chaque série, Lamarck part de l’être le plus complexe pour descendre vers celui qui présente l’organisme le plus simple. De même, chaque classe s’ordonne les unes par rapport aux autres. Ainsi, précise Lamarck, on ne peut ajouter ni retrancher une seule classe aux sept qu’il a établies pour les animaux sans vertèbre – de même pour l’ensemble de sa classification. Classer, en ce sens, revient à déterminer la place occupée par chaque espèce au sein de ses séries et, de fait, à les situer selon un principe de gradation. Dans ce cadre théorique qui postule la continuité de la nature, la classification se dédouble en une échelle des êtres. Celle-ci se conçoit dans le sens d’une dégradation, puisqu’elle s’organise des êtres supérieurs, les plus complexes, les plus accomplis vers les plus simples. Mais l’idée d’une marche de la nature – sans laquelle il n’y aurait pas de continuité – permet à Lamarck d’introduire la notion de temps et de considérer que les espèces évoluent ou encore se transforment et, ce faisant, procèdent des unes des autres. Ainsi les oiseaux sont issus de reptiles ayant vécu longtemps auparavant et l’on peut imaginer que les reptiles actuels évolueront jusqu’à donner à leur tour des oiseaux. De la sorte, Lamarck élabore la théorie du transformisme qui reste attachée à son nom, alors que lui-même n’a jamais employé ce terme pas plus que celui d’évolution. Lamarck pense le transformisme ou l’évolutionnisme en termes de gradation et de complexification.

1.4   Les principes du transformisme :

Pour Lamarck, les êtres vivants les plus simples apparaissent par génération spontanée. Ce ne sont que de petites masses gélatineuses aux mouvements réduits. Mais au cours du temps, ces êtres très simples se complexifient en des espèces aux capacités de plus en plus développées, comme en atteste leur autonomie de mouvement. L’homme, le plus compliqué de tous les êtres vivants, est le dernier produit de cette évolution. En mettant ainsi la formation des espèces au compte de la génération spontanée et du temps, Lamarck explique leur formation du seul point de vue de la physique. Il permet également de penser la démultiplication des espèces sous l’angle du devenir et du progrès. En cela, sa théorie rejoint l’un des grands mythes des Lumières, à savoir le mythe du progrès.

À cette action du temps sur la formation des espèces, Lamarck ajoute un autre facteur qui est celui des circonstances – milieu naturel, alimentation, climat – et leurs effets sur le développement des organes. Les êtres naturels et a fortiori les animaux, en s’adaptant aux conditions de vie qui sont les leurs, sont amenés à développer ou atrophier tel ou tel organe et donc à acquérir telle ou telle particularité anatomique, à développer tel ou tel sens. L’exemple de la taupe est particulièrement révélateur :

« Des yeux à la tête sont le propre d’un grand nombre d’animaux divers, et font essentiellement partie du plan d’organisation des vertébrés. […] néanmoins la taupe, qui, par ses habitudes, fait très peu d’usage de la vue, n’a que des yeux très petits, et à peine apparents, parce qu’elle exerce très peu cet organe. »

1.5   Les deux grandes lois du transformisme :

La première est appelée la loi de l’habitude et de la désuétude :

« Dans tout animal qui n’a point dépassé le terme de ses développements, l’emploi plus fréquent et soutenu d’un organe quelconque, fortifie peu à peu cet organe, le développe, l’agrandit et lui donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi, tandis que le défaut constant d’usage de tel organe, l’affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés et finit par le faire disparaître. »

La deuxième loi est celle de l’hérédité des caractères acquis :

« Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l’influence des circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée et, par conséquent, par l’influence de l’emploi prédominant de tel organe ou par celle d’un défaut constant d’usage de telle partie ; elle le conserve par la génération aux nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les changements acquis soient communs aux deux sexes ou à ceux qui ont produit ces nouveaux individus. »

1.6   Du transformisme :

« Conclusion admise jusqu’à ce jour : la nature (ou son Auteur), en créant les animaux, a prévu toutes les sortes possibles de circonstances dans lesquelles ils auraient à vivre, et a donné à chaque espèce une organisation constante, ainsi qu’une forme déterminée et invariable dans ses parties, qui forcent chaque espèce à vivre dans les lieux et les climats où on la trouve, et à y conserver les habitudes qu’on lui connaît. »

« Ma conclusion particulière : la nature, en produisant successivement toutes les espèces d’animaux, et commençant par les plus imparfaits ou les plus simples, pour terminer son ouvrage par les plus parfaits, a compliqué graduellement leur organisation ; et ces animaux se répandant généralement dans toutes les régions habitables du globe, chaque espèce a reçu de l’influence des circonstances dans lesquelles elle s’est rencontrée, les habitudes que nous lui connaissons et les modifications dans ses parties que l’observation nous montre en elle ».

Par la théorie du tranformisme et en faisant relever l’évolution des espèces des lois de la physique qui régissent tous les êtres de la nature, Lamarck récuse le créationnisme et son corollaire, la conception fixiste de la nature : les espèces n’ont pas été créées une fois pour toute !

Cette position fut violemment combattue par Cuvier qui ne ménagea pas ses sarcasmes à l’égard de Lamarck, jusque dans le discours d’éloge funèbre qu’il fut, lors de la mort de celui-ci, chargé de prononcer à l’Académie des sciences.

2.    Georges Cuvier :

2.1   Des fossiles à la théorie des catastrophes

Georges Cuvier découvre la botanique à la faculté de Stuttgart en Allemagne où il fait ses études et les sciences naturelles, un peu plus tard, en exerçant les fonctions de précepteur dans une famille aristocratique de Normandie. Il fait parvenir ses travaux à Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire professeur au Museum national d’histoire naturelle où il entre à son tour en 1796. En 1802, il est titulaire de la chaire d’Anatomie des animaux qui devient la chaire d’Anatomie comparée.

Le fruit de ses recherches sont exposés dans trois ouvrages majeurs : le Mémoire sur les éléphants fossiles qui paraît en l’an IV ; le Tableau élémentaire de l’histoire naturelle des animaux (1797) dans lequel il propose une nouvelle classification du règne animal ; les Recherches sur les ossements fossiles où l’on établit les caractères de plusieurs animaux dont les révolutions du globe ont détruit les espèces (1812 pour la première édition). Ce texte comporte un discours préliminaire célèbre dans lequel Cuvier expose sa théorie des catastrophes : Discours sur les révolutions de la surface du globe et sur les changements qu’elles ont produites dans le règne animal.

2.2   Cuvier et l’anatomie comparée :

L’anatomie comparée a été fondée dans le dernier quart du XVIIe siècle par le médecin et anatomiste Edward Tyson. Mais c’est à Cuvier qu’il revient d’en avoir fait une discipline à part entière, c’est-à-dire la science des lois de l’organisation animale. S’appuyant sur ses découvertes, il a renouvelé la classification du règne animal, divisant celui-ci en quatre embranchements : articulés ; vertébrés ; mollusques ; radiaires. Que Cuvier ait été le promoteur de l’anatomie comparée, il y a là un paradoxe, puisqu’il reste attaché à une conception créationniste et fixiste de la nature et des espèces, tandis que l’anatomie comparée fournit des preuves incontestables au bien- fondé des théories évolutionnistes. De fait, son attachement au fixisme a retardé la diffusion des idées de Darwin en France.

L’anatomie comparée consiste, comme son nom l’indique, à comparer les organes des différentes espèces afin de distinguer les homologies et analogies évolutives. Les homologies, autrement dit les identités de structure entre des organes apparemment différents telles que l’aile de la chauve-souris, la jambe postérieure du cheval, la nageoire du dauphin permettent de penser que ces espèces résultent de l’évolution d’un seul et même animal. L’anatomie comparée permet également de montrer comment un organe et avec lui le squelette s’organise conformément aux exigences des fonctions à remplir pour s’adapter à un milieu donné. Ainsi les nageoires du dauphin sont comparables à celles des poissons, or le dauphin est un mammifère. Ses nageoires ne sont nageoires que par analogie. Que l’anatomie comparée donne à penser l’anatomie animale sous l’angle de l’évolution, c’est la position du naturaliste Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire qui s’oppose sur ce point à Cuvier, notamment en 1830 dans un débat qui eut un très large retentissement dans le public français et européen. On en trouve un écho jusque dans la préface de La Comédie humaine de Balzac.

2.3   L’animal comme forme même du vivant :

Cuvier fonde l’anatomie comparée sur deux grandes lois : la loi de subordination des organes et la loi de corrélation des formes ou encore loi des corrélations organiques. Ces deux lois rendent compte de la relation d’interaction qui unit les organes entre eux. Car, dans le corps vivant ou encore animal, tel que le définit Cuvier, la raison d’être de chaque partie réside dans l’ensemble. Par-là, Cuvier rompt avec la conception du corps machine et lui oppose une conception organiciste. L’animal n’est pas une mécanique mue par des sollicitations extérieures – des stimuli, comme pour Descartes. C’est un organisme mû par l’excitation interne des organes qui concourent tous, en remplissant les fonctions qui leur reviennent en propre, à l’action de l’ensemble. À travers l’animal – le corps animal – Cuvier étudie le fonctionnement d’un organisme vivant. C’est comme forme même du vivant que l’animal l’intéresse et comme forme organisée du vivant, l’animal répond aux deux lois que Cuvier place au fondement de l’anatomie comparée.

2.4   La loi des corrélations organiques :

Cuvier en  donne  une  formulation  très  explicite  dans  une  lettre  du  28 ventôse de l’an VIII au professeur Jean-Claude Mertrud dont il est alors l’assistant : « Toutes les parties d’un corps vivant sont liées : elles ne peuvent agir qu’autant qu’elles agissent toutes ensemble : vouloir en séparer une de la masse, c’est la reporter dans l’ordre des substances mortes. » c’est un propos allant dans le même sens qu’il tient dans le Discours sur les révolutions du globe : « Tout être organisé forme un ensemble, un système unique et clos, dont les parties se correspondent mutuellement et concourent à la même action définitive par une action réciproque. Aucune de ces parties ne peut changer sans que les autres ne changent aussi ; et par conséquent chacune d’elles prise séparément, indique et donne toutes les autres. » Les parties du corps sont donc solidaires et de ce fait sont les indices les unes des autres. On comprend dès lors que l’étude des fossiles et des débris de squelettes ait permis à Cuvier de retrouver dans son intégralité le corps dont ils sont le fragment. De fait, Cuvier prouve la validité de cette loi en reconstituant devant ses collègues le squelette d’une sarigue qu’il avait identifiée comme telle à partir des dents et de quelques os trouvés à la surface de roches dans les carrières de Montmartre. Le reste du squelette qu’il dégage ensuite petit à petit de l’intérieur de la roche lui donne entièrement raison.

Organisme, le corps animal obéit à une nécessité ou encore une légalité interne qui le rend intelligible. Au regard de celle-ci, Cuvier peut affirmer qu’un corps est une combinaison d’organes nécessaire. La corrélation des organes implique tant d’un point de vue théorique que pratique qu’il y ait des combinaisons nécessaires et d’autres impossibles. Ainsi, un animal aux dents tranchantes ne peut avoir un pied qui, enveloppé de corne, ne sert qu’à le soutenir. Aux dents tranchantes du prédateur correspond un pied qui peut saisir sa proie, un pied muni de griffes.

2.5   La loi de subordination des organes :

Cette loi, qui s’ajoute à la première, veut que quelques organes ont sur l’ensemble une influence décisive. Au regard de cette loi, les organes ne sont pas seulement corrélés. Ils sont également organisés selon un rapport hiérarchique tel que certains organes sont subordonnés à d’autres. Ainsi les organes de la locomotion sont subordonnés à ceux de la digestion ; les organes de la circulation sanguine à ceux de la respiration et tous les organes au système nerveux.

À partir de cette loi, Cuvier considère qu’il n’y a pas un plan d’organisation de l’animal, mais quatre. Ce faisant, il refonde la traditionnelle classification des animaux. Les système nerveux, respiratoires et les organes de plus en plus subordonnés indiquent successivement l’ordre, la famille, le genre et enfin l’espèce. Établie sur les seuls critères de l’organisation organique, celle-ci fait désormais l’économie, en son principe, et de l’échelle des êtres et de son corollaire le paradigme humain. Pour Cuvier, on peut donc observer dans le règne animal quatre formes générales du système nerveux. Ce sont ces quatre formes de l’organismes animal – ou encore plans ou encore embranchements – et eux seuls qui déterminent la classification des animaux en vertébrés, mollusques, articulés, zoophytes3. Les vertébrés se distinguent des trois autres classes, qui rassemblent les invertébrés, par leur système nerveux. C’est leur système respiratoire qui sépare entre eux les invertébrés. Correspondant à un plan d’organisation, chaque espèce animale se caractérise par sa perfection, constituant, en effet, un système tout à la fois clos sur lui-même et ouvert sur le monde extérieur auquel il s’intègre et dans lequel il puise les éléments nécessaires à sa subsistance.

2.6   L’idée d’une perfection animale :

Les travaux de Cuvier permettent de penser l’animale sous l’angle de la perfection, ne serait-ce que parce que le corps animal est conçu par Cuvier comme un système clos. Mais cette perfection a également pour corolaire une conception fixiste de la nature. Pour Cuvier, les espèces sont créées une fois pour toute. Il affirme cette position non seulement contre Lamarck, mais encore contre Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire que ses propres recherches en anatomie comparée conduisaient à poser l’hypothèse d’un unique plan d’organisation des organes à l’origine de la diversité des espèces. C’est la célèbre querelle de 1930 qui fut largement relayée par les journaux. Cuvier s’est appuyé, pour défendre ses conceptions fixistes, sur ce que l’on a appelé la théorie des catastrophes – terme que lui-même n’emploie jamais. Il développe cette théorie à partir de l’étude des fossiles. En effet, celle-ci l’amènent à découvrir que la terre a été peuplée d’espèces maintenant disparues. Il fait alors l’hypothèse que des catastrophes naturelles qu’il désigne par l’expression « révolutions du globe », tels les séismes, les inondations… sont la cause de ces extinctions. Ce sont des crises locales compensées et dépassées par la création de nouvelles espèces. Cette théorie des catastrophes permet donc à Cuvier de maintenir une définition créationniste et fixiste de la nature tout en faisant droit à la discontinuité.

•  Cuvier en trois points :

  1. Cuvier a fait de l’anatomie comparée une science à part entière. L’anatomie comparée consiste à comparer les organes des différentes espèces afin de distinguer les homologies et      les analogies évolutives.

  2. Les deux grandes lois de l’anatomie comparée, la loi de subordination des organes et la loi de corrélation des formes ou encore loi des corrélations organiques sont décisives dans  l’histoire de la représentation et de la connaissance de l’animal. En effet, la  première  impliquant une conception organiciste du corps constitue une rupture avec la conception du corps machine et, de fait, une réfutation scientifique de la théorie de l’animal machine. La seconde, ouvrant sur l’idée d’une perfection animale, met  fin  aux  classifications  traditionnelles et à l’échelle des êtres.

  3. Avec Cuvier, le corps animal est conçu comme un système.

•  Citations ;

« Ne devais-je pas penser que la nature avait produit successivement les différents corps doués de  la vie, en procédant du plus simple vers le plus composé ; puisqu’en remontant l’échelle animale depuis les animaux les plus imparfaits jusqu’aux plus parfaits, l’organisation se compose et même se complique graduellement dans sa composition, d’une manière extrêmement remarquable ? » Lamarck, philosophie zoologique, « Avertissement ».

« Toutes les parties d’un corps vivant sont liées : elles ne peuvent agir qu’autant qu’elles agissent toutes ensemble : vouloir en séparer une de la masse, c’est la reporter dans l’ordre des substances mortes. » Cuvier, Lettre à Mertrud du 28 ventôse de l’an VIII.

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