Thème : l’enfance. Résumé de texte / Eléments de correction.

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Dans le conte de fées traditionnel, le héros est récompensé et le méchant subit un sort bien mérité, ce qui satisfait l’enfant, qui a profondément besoin de voir triompher la justice. Autrement, comment l’enfant, qui se sent si souvent traité de façon inique, pourrait-il espérer qu’on lui fera justice ? Et comment pourrait-il se convaincre qu’il doit agir correctement, alors qu’il est si fortement tenté de céder aux tendances asociales de ses désirs ? Chesterton raconte que des enfants avec qui il avait vu « L’Oiseau bleu » de Maeterlinck étaient insatisfaits parce que la pièce ne se terminait pas par un « jugement dernier » et qu’elle laissait le héros et l’héroïne ignorants de la fidélité du chien et de l’infidélité du chat. Car les enfants sont innocents et aiment la justice, tandis que nous sommes pour la plupart méchants et que nous estimons qu’il est tout naturel de pardonner ». […]

De toute façon, dès que l’histoire commence, le héros est précipité dans de graves dangers. Et c’est ainsi que l’enfant voit la vie, même si, en apparence, il vit dans des conditions tout à fait favorables. Il semble que pour l’enfant l’existence soit une série de périodes sereines, brusquement interrompues, et d’une façon incompréhensible, quand il se trouve projeté dans une situation très dangereuse. Il s’est senti en sécurité, sans l’ombre d’une inquiétude, et, en un instant, tout est changé, et le monde, si amical, devient un cauchemar hérissé de périls. C’est ce qui se produit quand l’un des parents, jusque-là tout amour, émet des exigences qui paraissent déraisonnables et des menaces terrifiantes. L’enfant est convaincu qu’il n’y a rien de raisonnable à l’origine de ces choses. Il constate simplement qu’elles existent. C’est la conséquence d’un destin inexorable. L’enfant n’a alors que deux solutions : ou bien il s’abandonne au désespoir (et c’est exactement ce que font certains héros de contes de fées, ils pleurent jusqu’au moment où un ami magique survient pour leur dire ce qu’ils doivent faire pour lutter contre la menace) ; ou bien, comme Blanche-Neige, il essaie d’échapper à son horrible destin par la fuite, « la malheureuse fillette était désespérément seule dans la vaste forêt et tellement apeurée… qu’elle ne savait que faire et que devenir. Elle commença à courir, s’écorchant aux épines et sur les pierres pointues ».

Il n’est pas dans la vie de plus grande menace que d’être abandonné, de rester seul au monde. La psychanalyse a appelé cette grande peur de l’homme « l’angoisse de séparation » ; et plus nous sommes jeunes, plus atroce est notre angoisse quand nous nous sentons abandonnés, car le jeune enfant risque vraiment de perdre la vie lorsqu’il n’est pas convenablement protégé et soigné. Notre plus grand réconfort est donc de savoir que nous ne serons jamais abandonnés. Dans un cycle de contes de fées turcs, le héros se trouve sans cesse plongé dans les pires situations, mais il réussit à s’échapper ou à surmonter le danger dès qu’il s’est fait un ami. Par exemple, dans le plus connu de ces contes, le héros, Iskander, s’attire l’inimitié de sa mère qui oblige le père à mettre l’enfant dans un petit coffre et à l’abandonner sur la mer. Iskander est sauvé par un oiseau vert qui le tire par la suite d’innombrables périls, de plus en plus redoutables. Chaque fois, l’oiseau affirme à Iskander : « Sache que tu ne seras jamais abandonné » Puis vient l’ultime réconfort que l’on trouve dans l’immense majorité des contes de fées : « Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps ».

Ce bonheur parfait peut être interprété de deux façons. Par exemple, l’union permanente d’un prince et d’une princesse symbolise l’intégration des aspects disparates de la personnalité – en psychanalyse, le ça, le moi et le surmoi – et symbolise également l’accession à une harmonie des tendances jusqu’alors discordantes des principes masculin et féminin, comme je l’ai déjà dit à propos de la conclusion de « Cendrillon ».

Sur le plan moral, cette union symbolise, par l’élimination et le châtiment du méchant, l’unité morale et, en même temps, elle signifie que l’angoisse de séparation est à jamais sublimée quand on a trouvé le partenaire idéal avec lequel on peut établir les relations personnelles plus satisfaisantes. Les formes apparentes peuvent varier selon le conte de fées lui-même, selon les problèmes psychologiques et le niveau de développement auxquels il s’adresse, mais la signification profonde est toujours la même.

Par exemple, dans « Frérot et Sœurette », pendant plus grande partie de l’histoire, les deux héros ne se séparent pas. Ils représentent les aspects animal et spirituel de notre personnalité qui, pour que l’homme soit heureux, doivent se scinder tout en étant intégrés. La plus grande menace survient quand Sœurette, après avoir épousé son roi, donne le jour à un enfant et est alors remplacée par une usurpatrice. Sa délivrance est ainsi racontée : « Le roi ne put se contenir ; il s’élança vers elle et lui dit : « Tu ne peux être que ma femme chérie, et pas une autre. » À quoi elle répondit : « Oui, je suis ta femme chérie en retrouvant au même instant, par la grâce de Dieu, la vie et la jeunesse, et ses couleurs et sa santé. » L’ultime réconfort doit attendre que le mal soit puni : « La sorcière… fut mise au bûcher et périt dans les flammes très misérablement. Mais lorsqu’elle eut été complètement brûlée et fut réduite en cendres, le jeune faon fut aussitôt métamorphosé et retrouva sa forme humaine. Et ce fut ainsi que Sœurette et Frérot vécurent désormais et furent heureux ensemble jusqu’à la fin de leurs jours. » Ainsi, le happy end, le réconfort final se résume à l’intégration de la personnalité et à l’établissement d’une relation permanente.

Apparemment, les choses sont différentes dans « Jeannot et Margot ». Les deux enfants atteignent leur plus haute humanité dès que la sorcière périt dans les flammes, ce qui est symbolisé par les trésors qui leur reviennent. Mais comme ils n’ont atteint ni l’un ni l’autre l’âge nubile, l’établissement des relations humaines qui banniront à jamais l’angoisse de séparation est symbolisé non pas par leur mariage, mais par leur retour joyeux à la maison de leur père où l’autre personnage méchant, la mère, a cessé de vivre. Et le conte se termine ainsi : « De leurs soucis, dès lors, ils ne surent plus rien ; et ils vécurent ensemble en perpétuelle joie. »

Comparées à ce que ces dénouements réconfortants et justes nous disent du développement du héros, les souffrances de ce dernier, dans de nombreux contes modernes, tout en étant profondément émouvantes, semblent beaucoup moins justifiées parce qu’elles ne conduisent pas à la forme ultime de l’expérience humaine. (Si naïf que cela puisse paraître, le prince et la princesse, en se mariant et en héritant du royaume qu’ils gouvernent dans la paix et dans le bonheur, représentent pour l’enfant la plus haute forme possible d’existence, parce que c’est exactement ce qu’il désire pour lui-même : gouverner son royaume – sa propre vie – avec succès, pacifiquement, et être uni dans le bonheur avec le partenaire le plus désirable et qui ne l’abandonnera jamais.)

Il est certain que, dans la réalité, on ne réussit pas toujours à connaître la délivrance et le réconfort ; mais cela n’encourage guère l’enfant à affronter la vie avec la fermeté qui lui permettrait d’accepter l’idée qu’en passant par de dures épreuves il peut finir par vivre sur un plan supérieur.

                Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, Ed. R. Laffont, p. 222-226, 1976.

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Résumé de texte / Eléments de correction.

Idée générale :

Les contes de fées traditionnels sont indispensables au développement psychologique de l’enfant : ils répondent à sa conception du monde, lui permettent de surmonter ses peurs et faire face aux épreuves de la vie.

Structure du texte et idées principales

Paragraphes 1 et 2 :

  • Le conte de fées classique, où le bien l’emporte sur le mal, répond aux attentes de l’enfant. Cette morale est tant espérée par celui qui se plaint d’être injustement traité par les adultes ou se trouve obligé d’étouffer ses appétits.
  • Les enfants pensent que la vie oscille entre tranquillité et agitation. C’est ce qu’ils retrouvent dans les contes à travers un héros à l’épreuve de la douleur et de la mort.
  • Dans les situations de malheur, l’enfant espère une intervention magique ou décide de fuir. Ces alternatives sont adoptées par les héros des contes.

Les contes de fées coïncident avec la représentation de la vie chez l’enfant.

Paragraphe 3 :

  • Les enfants vivent cette angoisse que la psychanalyse appelle « l’angoisse de séparation », parce qu’ils dépendent des adultes et ils en sont parfaitement conscients.
  • Cette angoisse est apaisée lorsque les enfants sont certains qu’ils ne seront pas abandonnés.
  • Des contes racontent cette expérience traumatisante et son dénouement heureux.

Les contes de fées racontent l’angoisse des enfants, celle d’être abandonnés.

Paragraphes 4 à 7 :

  • Quoique les versions se multiplient, les contes de fées affirment notre capacité à surmonter toutes les difficultés.
  • Les contes donnent des illustrations de la dissipation de l’angoisse de séparation par la promesse d’une rencontre heureuse.
  • Ces intrigues proposent des traitements psychologiques qui correspondent à différents caractères et situations.

Qu’en est-il de ces différents scénarios que les contes de fées nous proposent ?

Paragraphes 8 et 9 :

  • En considérant la fin heureuse ou happy end, les enfants pensent qu’ils sont capables de contrôler leur monde, et cela les rassure.
  • La finalité des contes n’est pas le réalisme, mais l’apaisement psychologique qui confère aux enfants force et assurance.

Les fins heureuses sont nécessaires à l’équilibre psychologique de l’enfant.

Proposition de résumé

      La morale manichéenne du conte classique est un idéal pour l’enfant qui se voit injustement traité par les grands et se trouve obligé de réprimer ses envies pour leur plaire. Les enfants considèrent, sans les saisir véritablement, les bouleversements affligeants auxquels la vie les confronte. Aussi les contes de / fées incarnent-ils les tumultes de la vie en racontant le destin malheureux de leurs héros. L’enfant ressemble à ces personnages obligés de faire un choix : se désespérer, à condition qu’un allié leur tende la main, ou abandonner.

      L’enfant craint d’être délaissé, cette situation vécue par / le héros du conte le choque. Le récit merveilleux est déterminant en ce qu’il rassure l’enfant en le dotant de force et de détermination. Ainsi, les contes ont pour fonction de nous aider à dépasser nos angoisses. Les différentes mises en scène qu’ils proposent correspondent à la / pluralité des caractères et des circonstances.

       Pourtant, les contes modernes ont des fins malheureuses. Ces dénouements réalistes ne sont pas réconfortants, car ils empêchent les enfants de croire à leur pouvoir sur le monde. En revanche, les contes classiques permettent à l’enfant d’affronter les aléas de la vie.

                                                                                                                                      200 mots.

 

 

 

 

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